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Un Master de droit des affaires pour affronter la jungle libertarienne financière.



La moitié des biens sur terre seront demain des actifs financiers (notion en herbe, voyez notre ouvrage). Toute la société est contaminée par l'activité financière. La finance est partout. On l'a mise partout : avec la monnaie dont nous nous servons à chaque heure, la finance est encastrée dans l'économie réelle. Ö paradoxe, la finance est une part de l'économie réelle.

Plus loin, les entreprises existent nécessairement par leur finance (thèse de l'avènement d'une personnalité financière) : la continuation d'une société dépend de son bilan, voyez notre ouvrage.

Plus loin encore, toute convention peut devenir négociable et ainsi élargir la notion flexible d'instruments financiers (voir les quotas d'émission ou droits à polluer et leurs transactions..., c'est déjà vieux ; malgré le courant écologiste, on a pu inventer un marché de droits à polluer). Tout bien peut se réduire à une inscription qui est autant instrument de preuve (mais on a du mal à l'admettre). Cette masse de biens nouveaux, infléchissent sans doute la notion de biens qui est contaminée par celle de contrat lequel se modifie sous son objet financier et sa nature négociable (notre thèse initiale... sur le contrat négociable qui vaut clairement aujourd'hui actif financier).

La financiarisation est aidée par les règles juridiques qui accompagne son expansion sans fin. Elle est aussi aidée par le fait que la loi soit dépassée et les autorités publiques financières incapables non seulement de la moindre anticipation mais d'un accompagnement en temps réel : on est entrain d'assister à une financiarisation échevelée à travers des émissions de "coins" via des opérations publiques d'appels à l'épargne ou l'on peut acheter ou souscrire tout et n'importe quoi. Les pouvoirs publics à l'échelle nationale, européenne et internationale observent... le public qui souscrit.

Notons le fait. Pour dans dix ou vingt ans.

On discutera demain des actions en responsabilité, peut-être contre les institutions publiques.

Nos sociétés étaient financiarisées mais la finance, avec une partie totalement spéculative (au sens de gain mais aussi au sens de pari), avait un sens, du moins pour qui connaissait un peu ce milieu bancaire et financier. Aujourd'hui, c'est un cycle véritablement libertarien qui surgit où tout le monde semble pourvoir faire tout ce qui lui chante, dès lors que cela passe par une bécane informatico-numérique.

Les Etats regardent - guillerets ?! - le monopole d'émission de la monnaie se dissoudre de jour en jour, au lieu de faire des lois, internationales bien sûr ; on spécule intellectuellement. Les Etats, incompétents, techniquement, vont devenir incompétents, au sens juridique (sans plus aucun pouvoir. Ils renoncent de jour en jour à l'ordre financier primitif (une banque centrale, une monnaie, un réseau de banques qui collectent et distribuent l'argent, la reconnaissance des autres ordres monétaires).

Que cet ordre monétaire soit imparfait nul n'en doute, qu'il ne soit plus et... l'on verra ce qu'il valait. Les banquiers ne disent rien ? Les grandes entreprises non plus ? Curieux.

Les juristes vont peu servir dans cette phase ascendante où il est dit, par un consensus qui n'est acté par personne, ni validé par aucun vote, que tout doit être numérique et que tout est permis. Même pouvoir émettre ce dont on ne sait pas ce qui résulte de l'émission. Mais le bon sens juridique peut-être salvateur. De bonnes études de droit des affaires et une certaine pratique remettent les choses en place, outre l'accélération de l'histoire économique qui rend très difficile l'étude de la société, l'étude du droit. Et puis, d'elles naît ce bon sens : achetez des lopins de terre proches d'une source, stockez des graines diverses et variées pour vos futures plantations, quand tout s'écroulera, cela vous le garderez.


... à suivre...



Vendredi 9 Juin 2017
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