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La famille radicale n’est pas réunie ! Le radicalisme en marche ? Les partis politiques et l’avenir politique du pays.



L'avenir politique de la France passe par la stabilité et la cohérence de ses partis politiques. La grande actualité politique n'est pas l'élection d'un jeune (et brillant, cela agace beaucoup...) président. Le fait le plus objectif et significatif est la décomposition de partis traditionnels ; elle est indivisible de l'apparition du nouveau parti mais, à retenir l'essentiel, la décomposition importe davantage que l'apparition de LREM (parti parfois appelé "Start-up Nation").

Corrélativement, et on dépasse alors le niveau juridico-politique (existence juridique des partis), la question se pose de la survie de la gauche - et de la droite ? Le pire serait que l'on reste dans la situation actuelle où la décomposition est à l'œuvre mais sans donner un nouveau paysage politique clair.

On voit la difficulté de la situation dans toute son épaisseur avec les plus petits partis qui sont susceptibles de disparaître. Dans la famille radicale, le problème s'exprime à plein avec deux partis qui ont de profondes racines communes. Leur survie est en cause, et pourtant, tout rapprochement demeure difficile.

La famille radicale, force politique centrale (sinon du centre), qui a gouverné la France à plusieurs reprises, n’est pas réunie malgré des annonces lancées audacieusement. L’annonce avait en avait quasiment été faite cet été, depuis Montpellier. Mais le radicalisme (politique) a vécu bien longtemps, depuis 1972, divisé à droite et à gauche, quoique nombre de militants se soient aussi vécus comme au-dessus de ce clivage.

Un mouvement en même temps de droite et de gauche, c’est l’idée originale que les deux directions du Parti Radical (PR) et du Parti Radical de Gauche (PRG) ont eue, mais seulement après la secousse présidentielle... Mais l’idée a du mal à se concrétiser. Ce fait a un grande importance et mérite analyse.


En effet, peut-être pour la première fois depuis leur existence, les radicaux de gauche ont, en comité directeur, voté contre une motion de leur président (présidente en l’espèce). Le fait, qui peut sembler secondaire, a selon nous trois dimensions, la troisième dimension pose la question de la France politique pour les dix prochaines années.

Au plan le plus basique de l’actualité, on note que le PRG a deux ministres qui n’ont pas démissionné du PRG ; même en démissionnant, ils incarneraient encore le radicalisme : leur participation au gouvernement signifie que certains radicaux sont en marche sinon En Marche. Le PR, lui, appartient à l’UDI, au moins spirituellement, et n’a pas de ministres – pas même un « constructif ». C’est curieux. La situation politique du pays reste trouble !

Au plan de l’analyse politique courante, cette situation montre que En Marche , LREM, a fini d’exercer un pouvoir d’attraction magique – ce qui se voit à d’autres indices. C’était prévisible, mais comme En Marche a réalisé des prouesses qui étaient inattendues, la chose était à vérifier. Il est vrai que, pour ce qui concerne les radicaux, les transferts ont déjà eu lieu depuis plusieurs mois. Les retardataires ont au moins la possibilité de se positionner pour le premier tour de la présidentielle.

Au plan politique fondamental, on constate que la gauche résiste à travers un sentiment de gauche qui reste intact. C’est ce qu’apprend le vote au sein du PRG (vote très significatif on ne s’en explique pas ici). Le signe est net. Est-il probant de la capacité de « la gauche » à se restructurer, à se redresser et à s’imposer ?

Ce vote interne et presque confidentiel est-il probant de la capacité de « la gauche » à exister ? Non. Pourquoi ?

En premier lieu le signe vient d’un PRG très affaibli et sans doute vieilli (il y a deux ans à raison, E. Macron n’en a pas voulu pour calmer ses amis du gouvernement et canaliser ses forces). Le sentiment de gauche est donc encore peut-être en train de décliner, alors que l’on en voit des éclats. Bref, la tendance lourde de la disparition de la gauche démocratique et gouvernementale est encore une hypothèse probable.

En second lieu, la gauche qui se pique de raisonnements intellectuels subtils, au lieu d’agir, pourrait continuer à exister en petits morceaux anciens (l’extrême gauche… le PC, LFI, le PS, le PRG, et les Ecologistes). Il est alors probable que cette gauche ne pourrait pas se reconstruire sur un passé tissé de divergences, formelles et fondamentales. Pour cela, il faudrait trois idées communes et deux ou trois nouveaux leaders à proposer au public… Bref, la tendance lourde de la reconstruction n’est pas du tout entamée.

En troisième lieu et contrairement aux apparences, la gauche a peut-être besoin d’une doctrine et d’un nom – les mots radicalisme, communisme, socialismes, social-démocratie sont usés. Les penseurs de gauche pensent avec des logiciels anciens (expression commode, j’en conviens) sur des problèmes anciens. C’est cette usure, à droite et à gauche, qui a permis à En Marche d’exister sans doctrine propre (il y a des esquisses : bienveillance, en même temps…) mais par une pure stratégie. Mais ce qui a valu pour LREM ne vaudra par pour les autres partis.

Ainsi, on peut penser qu’il faudra au moins trois ans avant que la nouvelle situation politique soit stabilisée (pôle du centre très fort), ou remise en cause pour revenir à une situation voyant la droite ou la gauche en mesure de dominer. Si on devait se risquer à un pronostic, on dirait que le terreau de la décomposition de la droite et de la gauche va continuer à nourrir la force du centre, soit En Marche.

La famille radicale n’est pas réunie ! Le radicalisme en marche ? Les partis politiques et l’avenir politique du pays.
Le gouvernement composite du moment désoriente par nature les partis, les penseurs et les électeurs ; il utilise à son avantage le fait de déboussoler la gauche et la droite, ce qui marginalise en outre l’extrême droite. La situation peut convenir pour l’heure. Au plan du parti, si En Marche est bien conduit, la grande force centrale politique du pays a toute chance de demeurer. Pour reprendre notre sujet, le radicalisme réuni pourrait alors, à la rigueur, en être une composante.

L'avenir politique va se jouer dans les prochains mois qui permettront, peut-être, et on doit l'espérer, de reformuler l'offre politique dans le pays. Mais les choses sont difficiles à conceptualiser dans une classe politique accaparée par l'immédiat... et privée de purs théoriciens.

Alors que l'Europe politique grince de bruits inquiétants, Brexit et indépendantisme étant les derniers entendus, la stabilité de la France n'est pas un détail.

Le régime démocratique, soit la République comme nous l'entendons, dépend d'une situation politique plus claire. Seuls les partis politiques peuvent donner cette clarté ; en ce sens, il sont à la racine des institutions publiques et du droit.



Complément

La famille radicale n’est pas réunie ! Le radicalisme en marche ? Les partis politiques et l’avenir politique du pays.
Complément de note du 12 décembre.

L'analyse ci-dessous visait à montrer la résistance de la gauche, la survie du sentiment de gauche, à travers le vote du comité directeur du PRG.

L'analyse reste valable, mais le fait est que, à marche forcée, sans entendre tous les militants (...) les deux appareils ont pu fusionner. Ces analyses sont par ailleurs détachées de mes propres opinions. On note la question qui fait mal dans cette émission : pourquoi n'avoir pas fait cette évolution plus tôt ? Avant les présidentielles... ?!

La réunification a finalement eu lieu, écoutez l'émission de France Culture sur cette actualité :

Emission sur France Culture, cliquez ici sur ce lien



Mardi 21 Novembre 2017
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