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 <title>hervecausse</title>
 <subtitle><![CDATA[Professeur d'Université, Hervé CAUSSE a la pratique du Barreau et de la consultation. Il est spécialiste de droit des affaires. Direct Droit #directdroit analyse les procédures, cas de responsabilité, contrats et institutions du monde économique. Justiciables, consommateurs ou professionnels, professionnels du droit, juristes divers et étudiants suivent ainsi quelques problèmes du moment et les pistes de solutions.]]></subtitle>
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 <updated>2026-05-18T08:22:35+02:00</updated>
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  <entry>
   <title>Modèle de consultation juridique : un exemple de structure à défaut de modèle idéal.</title>
   <updated>2025-09-21T09:09:00+02:00</updated>
   <id>https://www.hervecausse.info/Modele-de-consultation-juridique-un-exemple-de-structure-a-defaut-de-modele-ideal_a404.html</id>
   <category term="Méthode, le coin des étudiants" />
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   <published>2025-09-21T08:22:00+02:00</published>
   <author><name>Hervé CAUSSE</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.hervecausse.info/photo/art/default/2283244-3190742.jpg?v=1289477949" alt="Modèle de consultation juridique : un exemple de structure à défaut de modèle idéal." title="Modèle de consultation juridique : un exemple de structure à défaut de modèle idéal." />
     </div>
     <div>
      La demande est forte pour connaître le modèle d'une consultation juridique, ce qui est curieux. Cet article de blog en atteste et il peut être remis à la &quot;une&quot;. Il a été lu plus de 150 000 fois.... En effet, ceux qui donnent des consultations devraient <span style="font-style:italic">a priori</span> savoir comment procéder. Ceux qui les lisent, notamment les clients, n'ont <span style="font-style:italic">a priori</span> pas ce besoin : la consultation doit être claire (adaptée au client).        <br />
              <br />
       La demande émane alors peut-être de quelques étudiants qui ont à régler un cas pratique, notamment ceux qui sont des professionnels en herbe (en Ecole d'avocats). On rappellera que la consultation est réservée aux professionnels du droit et à certains autres, ainsi qu'aux professeurs d'université et aux anciens professionnels du droit (une personne non-habilitée ne peut pas être couverte par une assurance de responsabilité civile ce qui est dangereux pour la personne qui la consulte).       <br />
              <br />
       La consultation peut intervenir à divers moments ; la consultation plus la délicate est sans doute celle intervenant après une procédure de cassation (avant l'ultime procès devant la cour de renvoi, devant une juridiction internationale ou pour faire un bilan de plusieurs années de procédure et voir si des négligences n'ont pas été commises par les conseils et avocats) ; sur ce cas spécial de consultation :       <br />
              <br />
       <a class="link" href="http://www.hervecausse.info/La-consultation-juridique-apres-cassation-une-idee-tardive-animant-le-dernier-espoir-du-justiciable-_a1408.html">Le cas de la consultation après cassation, cliquez ici</a>        <br />
              <br />
       Passons sur l'origine de la demande. La question peut être précise : &quot;ai-je le droit&quot;, plus large : &quot;quels risques me fait encourir la situation actuelle et quelles démarches accomplir (lettres, demandes en justice...). Quand il y a plusieurs questions, il faudra à un moment ou à un autre reprendre chaque question et y répondre...!       <br />
              <br />
       Les <b>diverses parties de la consultation</b> peuvent par exemple être celles-là :       <br />
              <br />
       <b>L'introduction.       <br />
       L'analyse de la difficulté.       <br />
       Le raisonnement.       <br />
       La conclusion ou l'opinion.       <br />
       Les conseils pratiques</b>       <br />
              <br />
       Ce découpage se détache volontairement des académismes que le rédacteur, formé par l'Université, et parfois avec excès au plan en deux parties, est souvent obligé d'abandonner pour coller au mieux à son sujet : les questions du client. C'est finalement l'art suprême des académismes : ne plus les suivre quand ils ne sont plus utiles.        <br />
              <br />
       <b>L'introduction </b> comporte en vérité au moins trois aspects très différents.       <br />
              <br />
       Les premières phrases doivent dire qui est le client, qui est le consultant et <b>dans quelle circonstance la demande</b> est faite (procédure, analyse avant signature d'un acte, opinion demandée avant d'entamer un procès, avant de former un pourvoi en cassation...).        <br />
              <br />
       Il sera indiqué à qui la consultation est donnée (SCI XYZ, Mme Z, SARL XYZ, le GIP XYZ...) et en quelle qualité l'auteur s'exprime (puisque la consultation est réservée à diverses personnes autorisées). Un maximum de transparence s'impose s'agissant d'un document qui, notamment, peut être produit devant le juge pour le convaincre que tel ou tel a tel ou tel droit.       <br />
              <br />
       La préoccupation et son contexte étant posés, on expose <b>les faits</b> en indiquant si ces faits sont jugés ou pas, ou si ces faits sont rapportés par le client, ou si ces faits sont attestés par des pièces (le cas échéant il conviendra de citer la pièce : contrat, lettre, déclaration administrative...). Il est souvent utile de rappeler les pièces consultées si le problème est assez proche d'un dossier ; c'est différent si la question posée par le client est très générale ou carrément abstraite, par exemple : &quot;Par quelles attitudes manifeste-t-on une renonciation à un droit ?&quot;.       <br />
              <br />
       Avec l'exposé des faits, il doit être dit si certains ont été discutés ou déformés (par le juge, l'adversaire, le médiateur...). Il doit être souligné les faits pertinents, ce qui exige l'art de la synthèse : c'est déjà de l'analyse juridique en vérité ! Le non-juriste se fixe souvent sur un point factuel qui est sans influence. Si l'exposé des faits doit être complet, il doit insister sur ceux qui seront ensuite utilisés dans le raisonnement juridique.       <br />
               <br />
       On doit ensuite exprimer la question du client, cette fois en termes juridiques. En somme, on pose <b>la question de droit </b> qui est à régler. Naturellement, cette partie peut consister en un paragraphe si les questions s'enchaînent pour arriver à une consultation sur divers aspects, c'est-à-dire à diverses réponses.       <br />
              <br />
       L'auteur de la consultation peut alors annoncer le plan selon lequel il va exposer pour parvenir à répondre à la question (qui généralement est &quot;avez-vous le droit ou pas de .... ....&quot;) ; le plan annoncé est une façon de répondre concrètement. Quoique la question soit précise, la réponse peut se démultiplier en divers conseils pratiques (voir plus bas).       <br />
              <br />
       On va ici simplifier cette présentation de consultation et être schématique, pour une raison de commodité et parce qu'une bonne introduction (comme pour un devoir académique) conduit à des développements ordonnés et plus facilement pertinents.       <br />
              <br />
       <b>L'analyse de la difficulté.</b>       <br />
              <br />
       Elle peut notamment consister à dire si la question est classique ou si elle est originale, si elle est <span style="font-style:italic">a priori</span> tranchée par la loi ou déjà jugée. Les consultations courantes portent sur des questions déjà jugées ou réglées par la loi ; souvent c'est un élément factuel (un pur fait, ou une clause quelque peu originale, ou l'attitude d'un contractant) qui fait s'interroger, Généralement, dans une demande de consultation approfondie, la question porte sur un aspect original ; un doute existe, d'où le besoin d'une consultation.        <br />
              <br />
       Pour des réponses juridiques simples pouvant être faites du tac au tac on ne parle guère de consultation (même si au sens de la loi la simple lettre de dix lignes vaut consultation). Il s'agit donc de souligner le côté spécifique de la question, soit à raison des faits soit à raison de la pure interrogation juridique qu'elle comporte.        <br />
              <br />
       L'exposé de l'analyse de la difficulté relatée exige de citer les textes (la loi, et de plus en plus souvent les règlements ou directives européens) et &quot;les jurisprudences&quot; en cause, ainsi que les auteurs qui se sont exprimés sur le sujet dans des ouvrages juridiques qui présentent un caractère scientifique (par leur rigueur et leur objectivité).       <br />
              <br />
       <b>Le raisonnement.</b>       <br />
              <br />
       La pure analyse juridique trouve à s'exprimer dans des développements qui sont le raisonnement de l'auteur de la consultation ; cette partie est alors nécessairement assez abstraite, elle consiste en un raisonnement articulant les textes de lois et les décisions de justice. C'est le coeur de la discussion juridique. En principe, elle se fait par élimination d'arguments, par productions d'arguments de texte, de jurisprudence, par utilisation de modes de raisonnement reçus en science juridique (raisonnement <span style="font-style:italic">a contrario, a pari, a fortiori</span>, argument téléologique...).        <br />
              <br />
       L'auteur construit son opinion en suivant une structure qu'il détaille (par exemple : &quot;Nous examinerons d'abord qui est le titulaire du bail, ou M. X ou la SCI, et ensuite le sens de la clause du bail qui est en litige&quot;).        <br />
              <br />
       En effet, tout discours doit être ordonné même si un plan ne ressort pas clairement.       <br />
              <br />
       Si la consultation pose plusieurs questions délicates et lourdes à traiter, cette partie étant appeler à occuper plusieurs pages, il faudra la structurer en un plan apparent (par exemple : a) Le titulaire du bail ; b) Le sens de la clause litigieuse ; c) L'influence de l'avenant sur la clause et le bail ; d) L'effet de la clause de médiation ; e) la question de la prescription de l'action judiciaire).       <br />
              <br />
       Cette partie est manifestement le coeur de la consultation juridique. néanmoins, il sera souvent utile de donner son opinion en une conclusion de cinq ou six phrases claires et simples.       <br />
              <br />
       <b>La conclusion ou l'opinion.</b>       <br />
              <br />
       Partie essentielle, parfois mal détachée des autres, l'opinion voit l'auteur dire s'il estime que le client est ou non dans son droit. Quelques phrases qui résument la situation seront fort bienvenues. Le lecteur non-juriste a pu ne pas parfaitement comprendre les conclusions qui s'évinçaient des paragraphes formant le raisonnement juridique.       <br />
              <br />
       L'opinion est parfois placée plus haut dans la consultation. Il ne s'agit alors plus de méthode juridique, mais de méthode &quot;commerciale&quot;. L'auteur de la consultation ne veut pas &quot;faire attendre&quot; le lecteur (et notamment son client qui a payé la consultation...) durant 15 longues pages d'analyses. L'opinion seront donc présentée juste après l'exposé du problème de droit. En vérité, ce besoin existe surtout chez les consultants qui n'isolent pas, comme on le fait ici &quot;la conclusion ou l'opinion&quot; (car dans ce cas, par pur réflexe,  le client va lire tout de suite cette section cruciale et parfaitement visible àla page 15 !).        <br />
              <br />
       Même si la conclusion est placée en tête, la présente section qui, en somme, résume le raisonnement peut garder son utilité.        <br />
              <br />
       <b>       <br />
       Les conseils pratiques.</b>       <br />
              <br />
       Il faut posséder la pratique pour s'y risquer. La consultation très universitaire (sur un point de droit, comme l'on dit) pourra se dispenser de ces aspects.       <br />
              <br />
       Ils sont pourtant et néanmoins précieux (rappel du besoin d'adresser en urgence une lettre recommandée, d'intenter une action, de faire une déclaration auprès d'une autorité administrative...). Ce conseil peut viser les blocages que le client rencontre avec son avocat ou son notaire (saisir le Bâtonnier, déposer des pièces...). La consultation se terminera plus généralement sur l'opportunité d'engager une procédure judiciaire ou de conclure un acte juridique ou, plus généralement, confortera l'intéressé sur son &quot;bon droit&quot; ou, à l'inverse, le mettra en garde, ledit droit étant douteux.       <br />
              <br />
       Voilà quelle peut-être la structure d'une consultation juridique.       <br />
              <br />
       La rédaction d'une consultation exige un art consommé de la plume qui doit être sensible en suivant les faits (comprendre les uns mais aussi les autres), rigoureuse en raisonnant au plan juridique (...), créative en opinant (imaginer ce que finalement sera une décision judiciaire dans quelques années) et très terre à terre s'agissant des conseils pratiques.       <br />
              <br />
       Voilà bien davantage de couleurs d'encre que celles utilisées dans de nombreux romans.       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.hervecausse.info/Modele-de-consultation-juridique-un-exemple-de-structure-a-defaut-de-modele-ideal_a404.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Les avocats, des voyous en puissance, c'est bien connu ; notamment des corrompus.</title>
   <updated>2024-11-22T10:10:00+01:00</updated>
   <id>https://www.hervecausse.info/Les-avocats-des-voyous-en-puissance-c-est-bien-connu--notamment-des-corrompus_a2273.html</id>
   <category term="Professionnels du Droit et Justice" />
   <photo:imgsrc>https://www.hervecausse.info/photo/art/imagette/84442043-60305236.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-11-22T09:25:00+01:00</published>
   <author><name>Hervé CAUSSE</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.hervecausse.info/photo/art/default/84442043-60305236.jpg?v=1732266359" alt="Les avocats, des voyous en puissance, c'est bien connu ; notamment des corrompus." title="Les avocats, des voyous en puissance, c'est bien connu ; notamment des corrompus." />
     </div>
     <div>
      La Commission européenne identifie les avocats comme pouvant faire partie des « facilitateurs de corruption » ! Son étude publiée le 4 novembre 2024 (« High-risk areas of corruption in the EU ») recherche les secteurs à forts risques en matière de corruption. Dans le secteur financier, les avocats sont vus comme pouvant faire partie des « facilitateurs de corruption ». Leurs fonctions leur permettent de proposer une assistance à des opérateurs criminels en vue de dissimuler des fonds illicites et d'éviter tout contrôle.       <br />
              <br />
       L'Union européenne vient-elle de découvrir la roue ?        <br />
              <br />
       L'art juridique, oui, permet d'aider à toute activité douteuse ou illicite. Comme il permet d'abuser de sa position, quand on donne du conseil juridique ou exerce la défense, en favorisant son intérêt au détriment de celui de son client. Ou encore comme cet art permet d'éviter ou d'entraver, ou de tenter de le faire, les droits des autorités publiques.       <br />
              <br />
       Voilà pourquoi les métiers du droit sont depuis longtemps des professions réglementées avec un Ordre, pour les avocats un Ordre des avocats. Avec aussi des sociétés spéciales pour exercer la profession (la fameuse et historique SCP). L'Ordre vise justement à éviter le désordre qui peut notamment survenir avec la participation des avocats à des fraudes civiles ou administratives ou infractions pénales.          <br />
              <br />
       Sur le pur aspect des aspect financiers, on doit quand même dire que les avocats sont soumis aux strictes règles de la lutte anti-blanchiment et contre le financement du terrorisme (LAB-FT ou LCB-FT) prévues au Code monétaire et financier, lutte qui inclut la plupart des activités et profits liées à des infraction pénales significatives. Ce sont donc des professionnels très réglementés !       <br />
              <br />
       Ce qui doit être renforcé, ce sont peut-être les moyens des Ordres et le cas échéant leur organisation pour donner toute efficacité et mesure dans leur action. Les conseil de l'ordre pourraient par exemple être enrichis de personnalités compétentes dans ces questions délicates de finance et souvent de fiscalité. Avec des contrôles internes affinés.        <br />
              <br />
       Sachant que l'essentiel est de préserver l'autonomie et l'indépendance des avocats et de les protéger des reproches d'une défense vigoureuse des clients. Car ce qui est dangereux c'est de voir les pouvoirs publics contraindre et poursuivre les avocats qui défendent des gens douteux (c'est leur office légal et obligatoire) parce que administrations, polices et justices ne savent pas attraper les criminels voire les bons criminels, c'est-à-dire les criminels essentiels.       <br />
              <br />
       Dans ce processus d'action publique, l’État serait bien capable d'envoyer le moindre avocat (ça n'existe pas le moindre avocat...) devant un juge pour arriver à faire condamner ses clients actuels ou clients potentiels. On partirait de cabinets d'avocats un peu spéciaux et internationaux opérant sur de millions d'euros ou dollars, et puis on finirait par menacer l'avocat individuel pour une fraude fiscale de 10 000 euros de tel client... Et nombre de juges trouveraient ça normal...       <br />
              <br />
       La déontologie des avocats est la bonne marge de sécurité, c'est la couche de sécurité appliqué aux obligations légales et réglementaires. Il serait très dangereux d'y ajouter une couche d'éthique qui n'est que de la morale, lesquelles sont incertaines et variables, capable de fonder toute poursuite pénale ou disciplinaire pour n'importe quel acte soudainement vu &quot;comme pas bien&quot; par le dernier groupe de moralisateurs à la mode.       <br />
              <br />
       La morale fait des retours en force, sur fond de naïves croyances, très dangereux pour la démocratie en général...       <br />
              <br />
       Cet équilibre est bien connu des meilleurs avocats et des bons bâtonniers, c'est un pan du métier.        <br />
              <br />
       La finance (que du point de vue du juriste on peut envisager en pensant au &quot;droit bancaire et financier&quot;...) est tellement complexe, notamment par les règles européennes, que les avocats spécialisés en finance peuvent probablement prendre l'Union européenne à son propre droit. La Commission pourrait aussi songer à ériger un droit de la finance plus simple, ce qui empêcherait certains avocats de l'embrouiller !!!       <br />
              <br />
       Mais au fait que vient faire au milieu la Commission européenne ?         <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.hervecausse.info/Les-avocats-des-voyous-en-puissance-c-est-bien-connu--notamment-des-corrompus_a2273.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Théorie juridique" : les sept sens de l’expression (seconde partie).</title>
   <updated>2018-06-10T10:39:00+02:00</updated>
   <id>https://www.hervecausse.info/Theorie-juridique-les-sept-sens-de-l-expression-seconde-partie_a295.html</id>
   <category term="Civil et Public" />
   <published>2009-11-30T11:01:00+01:00</published>
   <author><name>Hervé CAUSSE</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div>
      <a class="link" href="http://www.hervecausse.info/Theorie-juridique-les-sept-sens-de-l-expression-dans-la-bouche-du-Prof-TARTANPION-Contribution-a-qu-est-ce-que-le-droit_a294.html?preview=1">Première partie</a>       <br />
              <br />
              <br />
       <b>... seconde partie :       <br />
              <br />
       IV. Théorie doctrinale para-légale (soutenant un mécanisme légal)</b>       <br />
       Dans l’exercice de son art professoral, le professeur TARTANPION, impérial, peut enseigner « la théorie du contrat est toujours et encore le fondement du contrat de société, et de la personne morale - qui n'en est qu'un effet, l'inscription au RCS n'étant qu'une formalité administrative.... ».         <br />
              <br />
       La théorie, dans ce cas, est une vision de ce qui sous-tend le droit positif. Pourquoi et comment le législateur a-t-il choisi ces règles et ces mécanismes ? Parce qu’il s’est inspiré du contrat. Il y a là, en on entre dans la véritable théorie, une explication fondamentale, profonde, d’une institution juridique. En cas d’hésitation sur le fonctionnement ou le sens d’une règle, cette « théorie juridique », celle fondant la société sur le contrat, permettra une interprétation douée de raison : tenant compte d'un fondement. Cette vision doctrinale, purement théorique, aidera à trancher la difficulté : à donner une solution là où le juriste n'en voit guère.        <br />
              <br />
       La théorie juridique, dans ce cas, n’applique pas le droit positif, elle en rappelle l’essence. C'est un travail doctrinal quotidien.       <br />
              <br />
       <b>       <br />
       V. Théorie doctrinale fondamentale (le top !)</b>       <br />
              <br />
       Il faut encore franchir un pas pour parvenir à la &quot;vraie&quot; théorie, pure et abstraite à souhait (quoique procédant parfois d’un discours concret !). Elle peut être générale (l'opposabilité) ou spéciale (l'extinction du cautionnement).       <br />
              <br />
       Véritable découverte, cette théorie explique le droit positif en lui donnant un sens, une logique et des applications… Elle donne le fondement, éclaire le fonctionnement et résorbe les dysfonctionnements. Alors qu’à premier examen, les  meilleurs théoriciens et praticiens y voyaient non-sens et illogisme, un  ouvrage éclaire. On comprend.        <br />
              <br />
       Cette théorie juridique pure transcende le droit positif, la jurisprudence et la doctrine en les mélangeant à un tel degré de symbiose que les lecteurs (attentifs) comprendront en lisant tout ce qui le sous-tend, le commande aujourd'hui et le commandera demain.        <br />
              <br />
       D’un coup d’un seul, l’auteur aura un nom, les grandes thèses sont de ce bois là. Le professeur TARTANPION m’a confirmé qu’il n’y a que quelques thèses de ce calibre là par an. Les autres, bien que largement couronnées, qui souvent même voient leurs auteurs gâtés, n'ont fait que classer et donc, fondamentalement, réciter du droit positif, de la règle, légale ou jurisprudentielle. L'apport est dans l'ordre, rien n'en serait brevetable si l'on était dans les sciences dures.       <br />
              <br />
       Pour écrire une telle théorie, réaliser un tel ouvrage, l’auteur a besoin de la précision d’analyse, de la puissance d’esprit, de l’audace utile à sa distinction, de l’utilité pratique, de la force de synthèse, de la chance du sujet à maturité, de la direction de thèse qui le porte au lieu de l’étouffer…bref, ce tout réuni, l’auteur a besoin d’un brin de chance !        <br />
              <br />
       Ce haut degré d’analyse rend l’ouvrage souvent peu accessible au juriste qui n’a pas déjà lu diverses thèses, quel que soient ses fonctions juridiques. Pour cette raison, un grand ouvrage peu n’avoir qu’un succès limité par rapport au sujet un peu plus à la mode ; mais ce dernier sera cité pendant deux ou trois ans, tandis que l’autre commencera à être cité au bout de deux trois ans, pour cent ans…        <br />
              <br />
       José DUCLOS, disparu prématurément, sera je crois encore cité dans cent ans (L’opposabilité, Essai d’une théorie générale, LGDJ, 1984, préface D. MARTIN). Quittons les hautes sphères, ou plutôt les sphères véritablement hautes, pour redescendre d’un cran, mais à peine d’un.        <br />
              <br />
       <b>       <br />
       VI. Théorie juridique, théorie sociale d’un discours général</b>       <br />
              <br />
       La théorie juridique est ensuite, pour quelques juristes (ou intellectuels), un discours plus ou moins général qui n’a plus rien à voir avec les règles précises qu’un juriste doit prendre en charge pour défendre un client, faire casser un jugement ou éviter de rédiger une clause de contrat nulle. Cette « théorie juridique » est à un tel degré de généralité que sa « juridicité » (terme admis) est discutable. Certains discours prétendent incorporer du Droit ou faire du Droit alors que tel n’est pas le cas.        <br />
              <br />
       On peut ainsi entendre, le professeur TARTANPION, animant un séminaire interdisciplinaire, se laisser aller à des considérations plus générales que le droit positif. Ecoutez-le : « la théorie de la laïcité doit conduire à reconnaître que les écoles privées ne peuvent pas… » ; il évoque alors, se fondant sur un jugement politique, social, sociologique et philosophique ce que doit être le Droit, sans pour autant parler d’une règle précise qui est déjà applicable ou qui sera sous toute certitude appliquée. Il ne cite ni article ni alinéa, ni décision de justice… et nombre de juristes de considérer alors qu’il n’y a que bla-bla ; nous serons plus nuancé.        <br />
              <br />
       Hors sa discipline, le professeur TARTANPION oscille parfois, pour n’entrer dans aucune autre discipline (philo, socio..) entre bla-bla politique et journalisme, à moins que ce ne soit science sociale indéterminée (ce qui veut dire sans méthode déterminée par une communauté de gens qui ont établi des savoirs et des manières de les développer).        <br />
              <br />
       Certains diraient qu’il n’y a même là que café du commerce.        <br />
              <br />
       C’est ce bla-bla sous sa forme la plus épaisse et imbuvable que servent notamment les étudiants de première année (voire plus tard) qui font de leurs impressions, opinions, avis et autres « pensées » de longues pages non-juridiques qui les amèneront à un 7/20 bien payé.        <br />
              <br />
       Ils apprendront alors « Qu’est ce que faire du Droit ? ». C’est comprendre, citer et manier des dispositions légales et des décisions de justice ! Pour un jour faire, si le parcours a été brillant et incisif, de la théorie.       <br />
              <br />
       Il faut, enfin, donner la dernière place au « vrai-faux » emploi du terme théorie qui s’entend de « théorie juridique ». Il n’a cependant pas la résonnance des autres emplois. Ce dernier usage évoque plus fort encore que les autres        <br />
       <b>       <br />
       VII. Théorie juridique : l’inverse de la pratique... une banalité contestable.</b>       <br />
              <br />
       « En théorie vous avez le droit, mais en pratique vous ne pouvez pas l’exercer… ». Dans ce cas là, il n’y a aucune théorie juridique précise. Il y a seulement un emploi usuel des termes théorie et pratique. On connaît les donneurs de leçons de la pratique qui, sous prétexte qu’ils n’ont jamais pu conceptualiser, vous baragouine du discours pratique. On connaît aussi les ennemis de la pratique qui n’ont jamais rédigé un contrat, une assignation ou une lettre de mise en demeure. Il faut se garder de ces deux camps ennemis qui s’entendent sur le dos du droit. Soyons clair : si en pratique vous ne pouvez réaliser un droit théorique c’est que soit ce droit n’existe pas en théorie, soit que vous ne savez pas le mettre en œuvre en pratique. Il n’y a d’opposition qu’à la mesure de votre erreur de jugement ou de votre manque de pragmatisme. Si vous mettez en œuvre en pratique un droit qui n’existe dans aucune théorie (légale ou jurisprudentielle), il se peut que vous violiez la loi (en pratique et en théorie !). Ce qui oppose théorie à pratique, c’est l’incapacité du théoricien à mettre en œuvre ou celle du praticien à identifier le fondement légal de sa pratique. Il n’y a probablement pas à opposer aussi systématiquement la pratique qui doit appliquer la théorie juridique (légale et jurisprudentielle).        <br />
              <br />
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       <a class="link" href="http://www.hervecausse.info/Theorie-juridique-les-sept-sens-de-l-expression-dans-la-bouche-du-Prof-TARTANPION-Contribution-a-qu-est-ce-que-le-droit_a294.html?preview=1">Première partie</a>       <br />
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       Je remercie mes étudiants qui, à travers leurs réponses, m'ont confirmé que ce texte avait un intérêt.
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    ]]>
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