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Intruments de paiement et de crédit, Introduction au droit bancaire, R. Bonhomme et M. Roussille

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Pratique manuel, très rigoureux et formateur.

Vers LGDJ

Droit européen des contrats, éd. Sirey, 2019

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Remerciements à l'éditeur et aux auteurs pour ce très bel ouvrage.

Vers Sirey Dalloz




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Emmanuel Macron invite à l'Elysée des intellectuels (surtout parisiens et économistes). Petite contribution (intellectuelle ?) au Grand débat.



"Si vous saviez comme je suis mal entouré" avait dit le Président Macron il y a quelques mois. Il expliquait ainsi n'avoir pas vu arriver la révolte jaune. Un Etat bien dépassé, le grand débat passé*, Paris plutôt cassé(e)... et le président s'entoure cette fois, un soir, de quelques personnalités intellectuelles (lien in fine).

Pas même deux ou trois jours, pas même un jour : un soir. Le président est-il véritablement mal entouré ?

Il invite des "intellectuels", la liste de ces personnalités, au premier coup d'oeil, fait un peu trop penser à une programmation de (l'excellente) France Culture. Parler de toute la France et à toute la France avec ce départ est compliqué. Voire impossible.

L'invitation d'hier soir semble dire "vous avez parlé, à moi maintenant la main". Je reste étonné de la faiblesse des gouvernements et de l'omniprésence des présidents. Certes, le président a été obligé de reprendre la main il y a quelques semaines, mais là, il donne encore l'impression qu'il gouverne, seul, alors que hier Paris brûlait ; on fait mieux en stratégie.

1) L'inconvénient politique de ce rendez-vous du soir est de donner un signe de ce que le débat est terminé.

Or, et au fond, rien ne peut se terminer dans le brouillard actuel. Le débat donnera des idées dans tous les sens et l'on s'y noiera.

Seul "le temps long", comme l'on dit, permettra d'y voir clair, au-delà de deux ou trois échéances électorales.

2) L'inconvénient intellectuel (eh oui !) est de montrer les biais cognitifs du pouvoir.

- 95 % de parisiens ! On dit 95 par prudence. En somme, la France périphérique devient la France entière, sauf Paris ! Voilà qui est surréaliste dans une crise des périphéries...

- 12 professeurs d'économie et (seulement) 11 scientifiques pour 30 domaines scientifiques...? Une science, très récente j'ose dire, pèse plus que la mathématique, la physique, l'informatique, la biologie, la chimie, l'électronique... en passant par la médecine...

Au plan universitaire, une seule section universitaire vaut donc plus que 30 sections scientifiques ? **

3) Ces deux déséquilibres rendent l'opération intellectuelle vaine.

En outre, la plupart des invités parlent à la France en permanence et sont régulièrement édités (parfois depuis 40 ans) ; ils opèrent pour la plupart dans de grandes institutions, ils sont dans la presse et sur les ondes radios (sinon en plateaux télés).

Si, dès lors, ces intellectuels, si brillants et intéressants soient-ils, n'ont pas été entendus, c'est peut-être que leur discours n'est pas assez clair, leur communication faible ou je ne sais quoi encore.

On pourrait même soutenir qu'ils sont un peu la France de la pensée unique : malgré une très grande présence et une possibilité d'action ils ont laissé se former la pensée unique, l'analyse moyenne, la vue énarchique, les programmes politiques convenus... bref, la pensée unique !

Un de ces intellectuels aura-t-il défendu l'Université de province qui est l'une des dernières chances de promotion sociale ? Je l'espère.

Alors quoi ?! Eh bien oui le président est peut-être mal entouré pour proposer des réunions aussi déséquilibrées. Eh bien le débat continue et l'action doit être un combat de tout instant pour relever le pays. Hic et nunc.

Mais penser est une action (depuis Maurice Blondel ?), le président philosophe, le sait.

Aussi devrait-il inviter le gouvernement à éviter l'action politique ordinaire... des lois longues, molles, obscures, équivoques, publicitaires, creuses... qui, depuis 30 ans, ne changent rien ! Et l'on peut en dire presque autant des lois européennes.

Mais cela n'est que du droit, ce n'est pas (vraiment) intellectuel !

Pour ne pas se noyer dans les résultats du grand débat, il faut un coup politique de maître.

Une soirée et une synthèse n'y contribueront en rien.

L'artiste reste au pinceau !





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* Je n'ai pas contribué au "grand débat". Depuis dix ans et plus de deux millions de lecteurs, ce blog, Direct Droit, analyse la société, singulièrement à travers le droit. Contribuer au "grand débat" pour être lu par 2 ou 3 rapporteurs devant opérer une synthèse n'aurait aucun sens.

** Certes, dans ces domaines, les esprits sont moins portés à produire des analyses sociales mais s'il n'y a pas 5 000 noms, 500 sont repérables ! Par exemple, en informatique, pour prendre un seul angle, des collègues comme Berry, Ganascia, Dowek... s'imposent.



Les invités du président, cliquez ici



Mercredi 3 Avril 2019
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