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Environ 1500 notes juridiques à trouver sur Direct Droit

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Système d'intelligence artificielle : une appellation du nouveau règne. [ Tag IA & AI ]



Système d'intelligence artificielle : une appellation du nouveau règne. [ Tag IA & AI ]
Les "nouvelles nouvelles technologies" font perdre aux juristes leur latin. La communauté a plutôt refusé d'étudier en profondeur le fait informatique, non sans quelques précurseurs. L'étude juridique du logiciel a suffi ; il est vrai qu'il est la pierre angulaire de l'ère informatique moderne, avec quelques évolutions physiques exceptionnelles. A partir du logiciel, il aurait été possible de remonter jusqu'à la machine la plus moderne, cela n'a pas été fait de façon manifeste (sauf pour dire robot, bien sûr).

Chez les juristes, cependant, les diplômes de PI ont bien plus prospéré que les diplômes de droit de l'informatique. Aujourd'hui, les juristes se précipitent sur le thème de l'IA, alors que le droit de l'IA n'existe pas encore. Cette attitude est aussi intéressante que le fait technologique lui-même - qui n'est pas seulement technologique. On passera sur les qualifications générales (fait politique, industriel, social, sociétal, sociologique, économique...).

Au plus profond, l'IA est un fait linguistique (lato sensu) qui témoigne de toutes les écritures de l'humanité (illustration avec l'ouvrage du prof. Florent Chavand) (ce qui n'exclut pas les dimensions de second temps, par exemple psychologique). Un bref et récent essai, dans la tradition juridique, ne traite pas de cette question (en illustration, l'essai du prof. Alain Sériaux, auteur ô combien réputé).

Le droit qui n'est que langue, imprécise, contrairement à ce qu'il est dit, est aisément saisissable ; cette langue sera entreprise par les IA. Quelques professionnels les financeront, les professions ne sont pas en danger sur le principe, mais dans leur nombre et dans leur façon de travailler. Impossible à admettre quand le système judiciaire admet de faire patienter des heures un avocat pour une affaire modique. Cette langue est en outre soumise aux biais cognitifs gigantesques d'un groupe étroit (les milieux juridiques et politiques), sera bouleversé par les systèmes d'IA.

Le retard de la pratique est a priori notable quand on constate que l'on s'interroge sur la numérotation des attendus de la Cour de cassation et l'intelligibilité des arrêts... La session de rattrapage fonctionne à plein à l'aide de plumes motivées : le thème de la justice prédictive permet de traiter de l'IA (...) en posant des questions qui ne se posent pas encore et qui peut-être ne se poseront jamais.

Le résultat intellectuel est époustouflant : il illustre ce que la littérature peut inspirer au droit. Il faudra en reparler dans vingt ans. L'IA est un système qui renouvellera en partie la littérature, au demeurant fort délaissée par les juristes, et au plus bas en inspirant des histoires (c'est actuellement et sporadiquement le cas). Au plus haut, la littérature subira des assauts aussi forts que le droit.

Quand l'IA est qualifiée de "système", et souvent de "système d'intelligence artificielle" ou de "système" ou de "système informatique", voire de "système d'exploitation", rien n'en est déduit. La littérature scientifique est ignorée par le juriste. L'observation de cette qualification n'est pas même faite, elle est subie.

Le même phénomène frappe la blockchain et, dans ce cas, selon nous, avec plus de violence.

L'IA se voit un peu moins naturellement en système... ne serait-ce que parce que le terme "robot" tend à infantiliser les esprits qui s'épanouissent en citations de BD, de films et autres oeuvres de SF. Youpi !

Si le "Droit industriel" existait le terme robot aurait mieux résisté, dans la littérature juridique, à la facilité de limiter l'IA en robot humanoïde (méchant ou affectueux pour finalement border les postures intellectuelles caricaturales - alors que l'hypothèse la plus probable est que le système ne sera justement jamais ni méchant ni gentil...).

Pour la première fois, relevons, donc, que l'IA est souvent appelé "système d'intelligence artificielle".

Le fait s'observe sans que les auteurs ne s'arrêtent sur leurs propres mots ou sur la propre expression que pourtant ils érigent. En somme et déjà, l'IA déstabilise et dépasse les esprits qui se livrent à une qualification explicite mais inconsciente. La perte de contrôle est totale et radicale.

Nous ne citerons pas les cent emplois qui inspirent ces lignes (quels que soient le profils des auteurs, les informaticiens utilisant naturellement et largement le terme "système").

Amusant : on a pu citer les "systèmes experts" du tournant des années 90 sans, non plus, s'arrêter sur le concept de système. Cette absence d'analyse, qui dure depuis plus de 30 ans, a pu changer de motivation. En effet, en 1990 il pouvait être évident que le système qualifiait nombre de créations informatiques, après la vague de l'internet, on a pu les oublier.

Cependant et par exemple, le professeur Florend Chavand cite bien les systèmes experts pour expliquer l'IA et son large contexte, celui de l'écriture (la couverture de son ouvrage vaut de l'or). Les changements à envisager dépassent les évolutions / révolutions inscrites dans le développement des sciences exactes depuis Descartes (pour un peu situer les choses). L'écriture, à nouveau au sens large, plonge la réflexion dans le cerveau qui a parfois l'air de fonctionner grâce à une langue interne frappée dans la biologie.

Préparer le droit positif à venir - ses terrains, ses méthodes, ses termes et structures - n'exige pas au principal du droit spéculatif, qui toutefois tient en vigilance, mais de la profondeur de pensée, humaine. Humaine ou informatique ? La seconde tient à la première...

Système d'intelligence artificielle : une appellation du nouveau règne. [ Tag IA & AI ]

Système d'intelligence artificielle : une appellation du nouveau règne. [ Tag IA & AI ]

Lundi 26 Octobre 2020
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