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La Paix étant impossible, il faut donc faire la guerre (Guerre d'Ukraine, 24 fév. 2022)



La Russie a implicitement menacé cette nuit toute l'Europe de l'arme nucléaire si un pays interférait dans la guerre menée, depuis quelques heures, en Ukraine, et contre l'Ukraine. La guerre déclarée continue de déployer la duplicité russe dont l'Etat parle, pour cette guerre, d'une "opération militaire spéciale". Cela le dispense d'une déclaration de guerre explicite.

C'est une nouvelle façon de nier l'existence de l'Ukraine, en vérité puérile, et de défier toute la communauté internationale en niant tout le Droit international.

La Russie a naturellement reconnu l'Ukraine en Etat libre et indépendant (Mémorandum de Budapest de 1994). La Russie renie sa parole. Comme elle semble l'avoir fait ces dernier mois au cours de ces curieuses "négociations".

Depuis des années, la Russie viole ses engagements internationaux de la façon la plus nette et la plus grossière qui soit. Elle les viole même après des accords spéciaux et assez précis (Accord de Minsk de 2014, repris en 2015). Que fait donc la Russie au Conseil de sécurité de l'ONU ?!

Le bilan diplomatique de l'Union européenne est de son côté discutable. L'OTAN n'a sans doute pas non plus était agile, même si l'Ukraine souveraine pouvait dialoguer avec l'Organisation. Les américains ont peut-être un peu trop mis les mains en Ukraine... on ne sait. En tout cas, rétrospectivement, ils semblent avoir été bien mieux renseignés que les européens.

L'Ukraine elle-même n'a peut-être pas su ménager les régions russophones - ce qui a pu faciliter la tâche de Moscou qui, de ce fait, a pu mieux s'attacher à déstabiliser ces régions (la distribution de passeports semble être une spécialité russe...). En tout cas, aucune menace ne planait sur la Russie qui, elle, s'en prend aujourd'hui, 24 février 2022, massivement, à un Etat, l'Ukraine, dont la seule responsabilité est d'exister...

Néanmoins, pour ne s'en tenir qu'à ce dernier Protocole ou Accord de Minsk, le cessez-le feu signé en 2014 n'a jamais guère été respecté. Pas plus après que A. Merkel et F. Hollande ont paraphé cet instrument juridique spécial, en 2015 (Accord de Minsk dit sous le "Format de Normandie"). Mais plus nettement, et antérieurement, le Traité d'amitié Russo-Ukrainien de 1999, qui entre autres garantissait les frontières, a été violé avec l'affaire de la Crimée et la "guerre" du Donbass.

1999, ce n'est pas loin.

Depuis lors, malgré le feu des armes des pro-russes du Donbass, l'Organisation de sécurité et coopération de l'Europe (OSCE) et l'UE n'ont pas averti les Nations européennes de la gravité de la situation. L'OSCE avait la responsabilité du suivi de l'Accord de Minsk. Or, et en effet, V. Poutine n'a pas inventé, juste avant-hier, dans sa conférence de 45 minutes, l'idée que l'Ukraine n'existe pas. L'idée que la Crimée est une erreur de papiers, indûment signés par Khrouchtchev, mal inspiré par Staline ; et cela alors même qu'il aurait dû relire Lénine.

En conséquence, le retournement de la Crimée (qui certes correspondait à une situation spéciale), complété d'une guerre de frontière dans le Donbass, avait un sens précis.

Ce sens était que la Russie ne supporte pas d'avoir à sa frontière, sur plus de 1 500 km, un pays de libertés fonctionnant comme une démocratie. Un pays qui comprend le russe, pour largement le parler, et un pays qui peut parler aux russes... Un pays qui peut réveiller la Russie et son peuple.

Depuis plusieurs semaines, l'UE affiche une certaine mollesse, comme si elle découvrait le Président russe.

Notamment, l'UE dit partout qu'aucun soldat ne défendra Kiev. C'est ce que voulait entendre V. Poutine. On le lui à répété en dix langues et sur trois continents depuis des semaines. Etait-ce bien utile ?

La conséquence en a été quasiment immédiate (quelques semaines) et radicale.

L'armée russe n'annexe donc pas seulement, depuis cette nuit, les deux Oblasts (Régions) du Donbass, elle envahit l'Ukraine sur toutes ses frontières. Direction Kiev. Peut-être pas pour tout occuper : il suffit de désigner un gouvernement aux ordres. Kiev. Les russes y seront avant que l'UE n'ait adopté "ses sanctions" (on va nuancer plus loin).

Vladimir Poutine ne respecte que la force et l'Union européenne lui a surtout montré de la faiblesse. Le président Zelensky en aurait été fébrile lors du sommet de Munich espérant plus que des mots de soutien. Comment aider les ukrainiens chassés de chez eux ? En parrainant chacun une famille ou un enfant ?

Le Président russe se moque plutôt des sanctions économiques or, on le menace de sanctions économiques. Il est dans une vision historique, celle des manuels et de leurs images. Ces livres d'Histoire fondamentalement idiots qui ne montrent que les rois et présidents, les cartes et les grands hommes.

Il ignore les populations, les villes et les villages. L'histoire du pays réel... S'il doit affamer toute la Russie pour faire une grande carte pour l'Histoire, il le fera. S'il doit renvoyer la Russie au Moyen Age pour apparaître comme une pièce maître de l'Histoire russe, il le fera. Il le fait.

Il fallait lui prédire qu'il allait sortir par la petite porte de l'Histoire, et la Russie avec.

Quatre conséquences à tout cela.

1°) Manifestement on ne peut pas faire confiance au Président de la Fédération de Russie - qui va jusqu'à parler de génocide et de nazis (à propos des dirigeants ukrainiens, et même si les mots en russe ont un sens spécifique amoindri).

2°) Manifestement la paix étant impossible, seule la guerre est possible du moins pour vivre libre en Ukraine, la mise en échec de l'armée russe sur les terres de l'Ukraine va être tentée : les ukrainiens sont-ils prêts ? Le matériel moderne fourni suffit-il ? Ont-ils intérêt à une guerre de résistance - qui peut se doubler d'une guerre civile ? C'est à eux de le décider par un référendum de prise des armes ou de renonciation. Le duel semble cependant inégal et l'Ukraine pourrait tomber d'ici quelques jours... et dans la foulée le nouveau gouvernement pro-russe rétablira la langue russe en langue officielle. Sauf si la résistance ukrainienne se met en place et œuvre...

3°) Manifestement il faut aussi mettre en jeu les pertes à venir pour la Russie, lui promettre que le Donbass ne sera jamais russe et que la Crimée redeviendra un province ukrainienne (russophone et avec une large autonomie). Peut-être dans dix ans, ou dans vingt, mais il faut dire que Poutine partira un jour et que les choses changeront et dans ce sens.

4°) Manifestement, la géopolitique vient de changer avec une Biélorussie qui permet d'attaquer l'Ukraine, une guerre en Europe ce 24 février 2022 et, demain, la possibilité de voir une Ukraine totalitaire en voisin de la Pologne (qui côtoie aussi la Biélorussie), la Slovaquie, la Hongrie et la Roumanie. Qui aime déstabiliser les frontières aura de l'ouvrage sur le métier avec autant de pays dont certains ressortissants ont des liens avec l'Est...

Citoyens la guerre est en Europe, l'Ukraine est aussi à l'ouest que l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie.

Il n'est plus temps de nous tromper ou d'attendre pour, in fine, dans dix ou vingt ans, agir en urgence ou, comme dans ce sinistre mois de février, ne pas agir puisque le temps a fermé toutes les portes.

La fin de l'Ukraine veut aussi dire la fin d'une certaine Europe, ou il le faudrait.

Cette Europe avec ces milliers de représentants et de technocrates qui nous abrutissent de centaines de lois sur la taille des carottes mais qui, manifestement, ne peuvent pas faire respecter les principes élémentaires du Droit sur l'essentiel.

"il faut donc faire la guerre"... les diplomates sont là pour dire l'inverse, pour faire de la diplomatie, je ne suis pas diplomate.

Je ne suis qu'une de ces vies que certains aiment piétiner pour croire qu'ils existent.

Qu'ils aillent en enfer !


Jeudi 24 Février 2022
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