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Le chaos du 17 octobre appelle un régime autoritaire pour succéder à une République désormais sans la moindre autorité.



Image LCI  et son journaliste Raphaël Maillochon
Image LCI et son journaliste Raphaël Maillochon
Il y a un beau sujet de droit constitutionnel : comment instaurer un régime autoritaire sans tomber dans la dictature. Une majorité politique devrait se faire pour dire, dans les urnes*, qu'on ne peut pas laisser 50 / 100 personnes cagoulées (en vérité généralement des hommes... et plutôt jeunes), en véritable uniforme noir, avec des armes, attaquer :

- des centaines commerces pour les piller, c'est-à-dire les détruire et les voler ;
- les personnes qui sont alentours en notamment les menaçant de mort ;
- les biens qui déplaisent, genre une voiture un peu chère...
- les installations publiques, genre abri-bus ou panneaux publicitaires...
- les édifices publics : les mairies, les commissariats, etc.

L'attaque de ces derniers biens s'apparente à un mouvement d'insurrection, soit une tentative de renverser les institutions publiques, donc la République.

On doit approuver l'indignation et la stupéfaction des médias (comme ici LCI et son commentateur) sur la gravité des faits qu'ils rapportent, le mot chaos revient à raison ; au chaos, la science politique laisse au droit des conséquences juridiques : adaptations constitutionnelles, soit l'environnement de tout juriste.

Le mécontentement contre la vie chère ou telle difficulté est occulté à raison dans de telles circonstances dramatiques.

La situation "appelle" donc un régime politique bien plus fort, sans doute autoritaire ; la logique impose cette observation, une société dans le chaos appelle un réaction politique. C'est la loi du genre, le commentaire dépasse le cas actuel de la France.
Il y a bien longtemps, alors que je publiais sur la question juridique de la sécurité privée (qui suscitait à l'époque toutes les résistances et réprobations possibles, y compris du ministère de l'intérieur), et qui est désormais indispensable, j'avais observé que la sécurité des personnes est indivisible de la sécurité des biens. Qui ne le perçoit désormais : les commerçants et les agents publics sont menacés par ces prises de bâtiments, leur saccages et incendies (un crime).

La question va nourrir (analyse !) une nouvelle offre politique plus ferme que celle du RN qui montre un inclinaison sociale et donc d'indulgence qui bloquera probablement son action s'il arrive au pouvoir.

Pour l'heure, il n'y a personne sous le radar politique pour formuler cette offre politique, mais cette impasse peut susciter un mouvement d'une autre forme (je dis cela sans idée précise) ou, dans quelques années, une offre politique de dictature qui proposera directement et en préalable la rupture avec toutes les conventions sur les droits de l'Homme liant la France.

Je vois donc trois voies (souvent je vois un peu loin, l'offre politique ou ce quelque chose ne se passera peut-être seulement dans quelques années, mais peut-être très vite).

Ce qui est certain, c'est que la mollesse des gouvernants, qui vient de loin, met aujourd'hui en danger la République. La République telle qu'elle existe avec ses principes.

Cette mollesse c'est désormais la mollesse de la République qui, de peur de faire des blessés, laisse des voyous détruire les biens publics et les : la République laisse les voyous détruire la vie des citoyens... Elle n'assume plus sa première tâche, la sécurité.

Cette mollesse commence à l'école et se poursuit au collège, avec toutes les indulgences, en sorte que même ceux qui y sont (à l'école) ne sont pas éduqués et n'ont aucun sens civique.

Une page est tournée. Sociale. Sociologique. Politique. Probablement constitutionnelle. Juridique.

Le problème n'est pas d'être contre la violence, ce qui est fait consensus, le problème est d'être pour une République ferme qui fait ce qu'il faut pour arrêter cette dérive. Le Premier ministre qui se satisfait en creux qu'il n'y ait pas eu davantage de violences semble montrer qu'il n'a pas cela en tête, il pourrait être l'un de ceux qui emportent la République vers le fond... Le désordre politique peut engendrer un nouvel ordre juridique.

Naturellement tout cela n'est, à ce jour**, que spéculations...





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* Mais les urnes peuvent démentir ou entraver cette perspective ; les urnes électorales sont pour l'heure et encore souveraines. Ce qui nous semble manifeste peut-être infléchi. La gauche dure est une assez grande force et elle met sur le dos de la police toutes les responsabilités. Le bloc central peut soudainement se secouer et sortir de sa torpeur. Rien n'est impossible.

** Périodiquement la demande est faite, par des gens qui parlent dans les micros des médias, d'une déclaration d'état d'urgence, ce qui vise le régime établi par une (simple) loi de 1953, et non par la Constitution. Une telle mesure serait de nature à calmer les esprits et, a priori, à casser l'élan destructeur qui s'est emparé de certains, rendez-vous serait alors pris au Parlement sous 12 jours pour examiner la valeur de la mesure et son éventuelle prolongation.

Dimanche 18 Octobre 2026
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