Religion & Respect républicain

Des caricatures de presse ont mis le feu aux esprits. La liberté d'expression est toujours celle qui vient tester ses limites. Au fond, elle n'en a guère, sauf l'insulte ou la diffamation (imputer à autrui un fait inexact). Sur la forme, c'est assez différent.



Religion & Respect républicain
User au maximum de la liberté d'expression suppose un certain "ton conventionnel". La forme devient alors, à l'occasion, le cadre de propos durs, étonnants, voire reconnus comme unaniment faux mais auxquels l'auteur croit. <br /> <br /> Il n'est pas certain que les autres Droits étrangers occidentaux soient très différents. Avec des caricatures, justement, il n'y a que de la forme et c'est spécialement elle qui "déforme" (le dessin caricature, mais parle-t-il précisément ?). Une légende ne pourra en général aucunement compenser la caricature. Elle est poutant un droit absolu ; on sait qu'elle déroge même au droits de propriété intellectuelle d'une personne sur son oeuvre qui peut voir ses dessins et autres oeuvres être caricaturés, cela au nom de la liberté d'expression.<br /> <br /> Cette dernière est donc bien l'ossature du droit de caricaturer. En France, les curés ont été tellement raillés, notamment jusqu'au début du XXe siècle, que l'on pourrait en oublier les blessures infligés aux catholiques romains - ou aux autres croyants du reste. C'est sans doute parfois le prix à payer, il faut l'avouer, pour que la liberté d'expression ne soit pas mise sous surveillance et finalement bridée. L'excès peut surgir, il doit alors être corrigé.<br /> <br /> En effet et d'un autre côté, nul ne doute qu'il faille respecter les religions et leurs fidèles (dont la liberté de culte et de conscience, reconnus en droit, leur permet, avec la liberté d'expression, de croire et de pratiquer). Ceux qui penseraient l'inverse ignoreraient et les règles de droit écrites par la république, en vigueur et applicables, et, désormais, une longue tradition républicaine.<br /> <br /> Dans ce contexte, il faut s'en remettre à ce Droit, peaufiné depuis des décennies et avec la sérennité du temps, pour trouver l'équilibre entre la liberté de s'exprimer (et la liberté de la presse) et la liberté de croire sans être raillé et moqué au point d'être discriminé. Il est donc urgent de ne pas modifier les lois et, notamment, celles qui consacrent ou appliquent le principe de la laïcité. Changer les règles en période de crise empêche d'espérer du droit qu'il replisse son office.<br /> <br /> Certaines de ces lois sont courtes et brèves, mais le Droit est parfait par la jurisprudence des deux plus hautes juridictions (cour de cassation et conseil d'Etat). Les juges diront, dans la sérennité de la tradition, ce qui est normal et ce qui ne l'est pas. <br /> <br /> Ceux qui ne sont pas d'accord n'ont qu'une solution : convaincre un majorité de Français de renverser la Constitution pour établir une République où les religions l'emporteraient sur les autres libertés. A défaut, ils devront, quel que soit leur culte, s'incliner devant les décisions des juges. C'est l'un des plus beau héritage des radicaux qui bâtirent il y a quelque 130 ans la République. <br /> <br />

Hervé CAUSSE
Lu fois

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