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"Le national" va peser sur le local : Jupiter, lui, les autres et les élections locales. Municipales des 15 et 22 mars 2026.



Brève remarque, en italique, d'après premier tour.

Les anticipations de l'analyse ci-dessous ne sont pas à cacher. RAS sur le RN, tant que les oppositions s'opposeront assez grossièrement, cela fait 40 ans que ça dure, sa progression continuera. Certes il faut des têtes locales et un bon discours pour réellement progresser, le RN ne gagne pas partout 10 points.. En effet, la prime aux listes des maires en place est manifeste, il n'est pas facile de s'implanter, surtout si la participation est moyenne ou faible.

L'effet national envisagé dans ce papier est un peu moindre que ce qu'il sous-entend. L'hésitation sur la gauche PS et autres / LFI se solde par une bonne stagnation qui permet aux deux camps de se dire renforcés. C'est, comme suggéré ci-dessous, assez net pour LFI : la radicalité a en partie payé. Les LR s'en sortent là où ils existent encore avec des élus (ce n'est plus le cas à Montpellier par exemple...). Mais la plupart du temps ils sont mélangés dans une étiquette à trois ou quatre partis.

Les résultats de ces élections montrent 3 fois sur 5 des "divers", droite, gauche ou divers tout court. L'échiquier politique n'est plus lisible. Le bloc central semble s'en sortir car il s'est appuyé sur des candidats locaux implantés avec d'autres étiquettes et qu'il y a bien peu d'étiquettes seulement REN ("REN" pour Renaissance, laquelle attendra donc).

La baisse de participation est peut-être à tempérer au plan national. La loi électorale pousse dans les petites communes à ne pas aller voter car les règles strictes poussent à favoriser une seule initiative locale : une seule liste, sans panachage - et sans panache... Ces règles doivent bien concerner 4 millions d'électeurs. Avec d'autres règles électorales on pourrait augmenter la participation de 3 ou 4 % ! Bref les Français sont encore un peu intéressés par les scrutins. Ce point est à surveiller. Quand, dans une ville moyenne ou grande où le maire doit représenter une véritable autorité publique, il n'y a pas 50 % de participation, c'est finalement un problème de légitimité qui va en découler (cela signifie que le maire est élu avec sa liste par moins de 25 % des inscrits de la liste électorale). Cela va finir par poser problème.

Le contexte national a un peu moins peser que ce qu'on imaginez ci-dessous, mais entre les flou des "divers", l'émiettement de la droite, de la gauche et même de l'extrême droit, et une baisse de participation, cet effet est réel mais contenu. La nature locale du scrutin a bien résisté.

Le 16 mars.


Analyse de la semaine dernière.

"Le national" c'est d'abord la progression régulière du RN, désormais avec un allié qui peut sembler fictif, l'UDR, mais qui introduit une nuance. Avec en outre une dynamique stratégique : l'union des droites (quoique l'on en pense ; certains n'ont strictement aucun objectif clair). Reconquête pèse peu mais peut assurer la fonction de banalisation du RN... LR est écrasé par un plus de 30 % d'intentions de votes pour le RN (on ne parle pas des 36 % de Bardella à une éventuelle présidentielle).

L'intention de vote a dû progresser de 5 à 10 points en faveur du RN selon les endroits. Ce "national" fait rassemblement !

Le national c'est aussi LFI qui fait tout pour se démarquer et se radicaliser, quitte à se faire détester ; son léger recul ne veut pas dire qu'il n'y aura pas une prime en voix, au moins une stabilisation. La stratégie consiste à s'accaparer la gauche en désignant le PS comme un parti de "mous" dont les valeurs n'ont conduit qu'au macronisme. Affirmation qui n'exige pas de multiples équations pour démonstration. Le PS a pu se relever mais, en bien des endroits, il tenait debout avec la béquille de LFI, béquille appelée NFP (Nouveau Front Populaire) durant une grosse année. Le couple divergent LFI / PS c'est l'inconnue la plus énigmatique de cette séquence politique.

Le national c'est encore et toujours des courants minimes mais qui peuvent s'agréger utilement à un second tour, voire à un premier tour : là où il n'y a pas de liste proposées par Lutte ouvrière ou NPA, les voix iront sans doute vers LFI à au moins 50 %. Or une élection se fait souvent à 1% des voix près. Ces partis font souvent entre 0, 5 et 2 %.

La question se pose aussi pour les communistes du PCF mais ils sont plus hauts, et souvent avec des "fiefs" capables de sauver des élus et communes. Le PCF est un parti qui tourne avec sa doctrine, ses représentants, sa tradition et l'absence de dérapages en mots ou par des brebis galeuses. La question est un peu pareille pour Les Verts mais, après des années de délire d'une Sandrine Rousseau et de quelques autres, on sent que même pour les maires verts il y a un risque de se retrouver nu comme des vers.

Le national c'est enfin ce que l'on appelle le bloc central, et c'est là que ça devient théâtral ! Certains diront que ce n'est que du théâtre de boulevard, ça rentre et ça sort, des portes s'ouvrent et claquent, tout le monde sourit à Jupiter, le tout sur des ambiguïtés et des hypocrisies.

A la racine du bloc central est le parti Renaissance (ex En Marche), littéralement à l'arrêt pour devoir soutenir un président de la République isolé qui donne l'image de celui qui étudie des CV pour nommer conformément à la Constitution, et qui ? Des amis. Ce serait caricaturer si ce point n'était pas sur une ligne de désordres dont le trait s'épaissit, et l'on tient ici compte des récents travers qui vont selon nous marquer le vote.

L'exercice du pouvoir use, je ne fais que dire cela avec ces dix lignes. Le président était tellement bas que même l'indécision de savoir si on est, on peut ou on doit être allié des USA dans la guerre contre l'Iran ne préjudicie pas au Chef de l'Etat. Il reprend donc 5 points. 5 points d'estime, pas d'intention de vote.

La traduction locale de cet affaiblissement est un véritable folklore local, entendez que les alliances, PACS, ententes, accords, unions sont de multiples types ou sortes et orientations.

Renaissance est parfois en tête, souvent masquée, avec des ex-LR qui sont allés à la gamelle, des Modems qui sont à la gamelle depuis 2017, des socialistes recyclés en centristes gestionnaires et pas mal de LR qui de gaullistes résistant sont devenus depuis deux ans des collaborationnistes zélés ; vous me direz qu'il y avait de quoi se décourager car, depuis 4 ans, et la performance de Valérie Pécresse (lâchée il est vrai par le courageux N. Sarkozy), Les Républicains est un parti sous perfusion. On comprend qu'ils votent non à la loi sur l'euthanasie car on risquerait de leur appliquer le traitement...

Les macronistes sont ainsi soit macronistes Renaissance, soit macronistes MODEM soit macronistes UDI soit macronistes HORIZON - parti qui a été la terre d'accueil pour tout ceux qui ont trahi LR de bonne heure, et surtout leur électorat, alors qu'on était en période officielle de transfert. Cette longue clique ne fait pas une majorité, mais le RN ne l'a pas cette majorité ni LFI, ni personne... Le bazar est à tous les étages de la vie politique.

Le bloc central porte toutes les déceptions sinon les échecs (nuançons) du second mandat. Ils sont dans un spirale descendante qui a été illustrée par trois nominations inédites de Premier ministres en deux ans, deux renversés (par censure) et l'un qui se censure (sans être renversant).

Le bloc central a mis à genoux la cinquième République qui fonctionne avec des lois spéciales, des "49-3" inattendus auxquels on avait renoncé, des motions de censure en veux-tu en voilà. Autant de choses que seuls quelques professeurs de finances publiques allumés mettaient dans une fiche de TD, pour étudiants de Facultés, tellement elles sont cocasses. Le désordre est tellement immense qu'on ne le mesure plus, et il n'est pas impossible que les désespoirs accumulés des citoyens ne soient pas répercutés sur les municipales.

Le bloc central c'est le bloc des macronistes qui, dans ces élections municipales, utilise tous les noms possibles et inimaginables sauf ceux qui évoquent Emmanuel Macron. Lecornu, lui, laisse Jupiter prendre seul et encore une fois la foudre... Imaginez-vous qu'après sa performance, faire voter un budget (on en est là, voter un budget c'est un exploit !) le Premier ministre ne sortira pas de l'Hôtel de Matignon pendant cette campagne électorale : il a à ranger des papiers et à en signer.

Pour être élu ou continuer il faut se planquer, telle est l'état de la démocratie française. Mieux, entendez pire, les ministres sont invités par le Premier ministre à ne pas commenter les élections. Les élections ? Quelles élections ? On est en eaux profondes : le monde du silence (les jeunes qui n'ont pas la réf : Jacques Cousteau).

On mesure avec cette attitude l'inquiétude du bloc central. Il sait que le national va peser sur le local, négativement : moins 2, moins 4, moins 5 % ? Plus ? Beaucoup plus ?

En effet, le national ces dernières années est terrible et se mesure avec d'autre noms de Premier ministre. Il faut dire que Bayrou nommé de force a été renversé, Barnier a été incompris et n'a pas compris, Edouard Philippe n'est plus un havre de paix et encore moins un horizon, Attal ne parle toujours pas à Macron, Elisabeth Borne a été licenciée du gouvernement. Le sérieux des annonces des nominations ne suffit pas. Au lieu de donner le pouvoir à Lucie Castet (une bonne blague de la gauche) et de la censurer en 5 jours, pour ne plus en parler, on a eu ce défilé de gouvernants qui ne gouvernent rien.

L'électorat ne sait pas le dire comme ça, mais il le ressent nettement.

Une minorité gouverne, le citoyen ne sait pas le dire comme cela, mais il voit que rien ne va. Seules les vaches ont surmonté leur difficulté : il n'y a plus de dermatose nodulaire. Et pas un ministre pour le dire.

L'électorat âgé et aisé qui pouvait voter Macron, bloc central, pour être raisonnable, sera moins au rendez-vous cette fois : les déficits se maintiennent et on leur augmente leur IR au prétexte de frais professionnels qu'ils ne méritent pas (pas tout le monde chez les actifs les mérite...) et on leur reproche d'être retraité. Laisser dire... casser le pays par une fracture entre les parents et les enfants parce qu'aucun budget public n'a été géré.

Ce vote va compter dans les villes.

Un peu partout, en dernier lieu, le prix de l'essence s'envole et donne l'impression d'hésitations et d'indécisions gouvernementales et rappelle les "taxes" éhontées sur le carburant. Le gouvernement peut peu, il est vrai, mais faudrait-il qu'il l'explique bien et non que le ministre de l'économie dise que les prix ne vont pas augmenter. L'énergie (gaz et électricité) ruine (on exagère) chaque foyer et la présidente de la Commission européenne vient nous dire qu'on aurait dû faire plus de nucléaire, la spécialité de la France sacrifiée depuis 15 ans.

Enfin, le prix de l'essence n'est qu'un problème de guerre laquelle n'est ni notre fait ni notre problème, dit-on... mais toute notre marine est en méditerranée à surveiller le Moyen-Orient. Mais on n'est pas en guerre. Ce qui veut dire qu'on ne saurait en aucune manière aider le peuple iranien. Il n'est pas certain que cette politique mal exposée aide le vote local à ne pas être un vote protestataire.

Dans les agglomérations un peu importantes, le citoyen vote une fois sur deux sur une tendance ou un parti politique visible au plan national. Cela était bien le cas quand, un soir de municipales, naguère, on pouvait dire qui, de la droite ou de la gauche, avait gagné. Le vote national va peser. Il devrait donc y avoir une série de surprises ce dimanche soir. La situation politique est cependant à ce point éclatée qu'on ne peut en aucun cas projeter l'effet des triangulaires ou quadrangulaires sur le second tour.

Le bloc central devrait souffrir, le RN devrait progresser, les Verts pourraient disparaître, la gauche devrait stagner mais sous une forme divisée. Enfin... rien n'est jamais certain.

A la semaine prochaine.










Lundi 16 Mars 2026
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